Auteur :
Katarina Mazetti
Traduction :
Lena Grumbach, Catherine Marcus
Genre :
romance
Éditions :
Actes Sud
Publication :
30 mars 2009
Pages : 253
Prix : 7,70€
Résumé
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui
a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit
dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière,
elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace
autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le
décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre
vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une
sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par
sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.
Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs
lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion
dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce
roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des
cultures.
Avis de
Marie
Est-ce que ça vous
est déjà arrivé de ne pas aimer quelque chose que tout le monde encense ?
De vous sentir du coup un peu en dehors de l’euphorie qui s’est emparée de
toutes les personnes qui vous entourent ? Moi oui. Souvent même.
Étrangement, plus un livre rencontre de succès, plus j’ai tendance à me montrer
plus critique à son égard. Certes, j’ai un esprit
de contradiction assez prononcé. Mais est-ce qu’il ne s’agirait pas aussi
de savoir mesurer ses attentes ? En effet, plus le succès est au rendez-vous, plus les attentes sont grandes.
Logique me direz-vous ! Et je suis tout à fait d’accord. Mais
celles-ci varient d’une personne à l’autre et
j’ai parfois l’impression d’être vraiment très exigeante, trop parfois même.
Mais que voulez-vous, on ne se refait pas ? Ou alors, difficilement et je
n’en ai pas l’envie ;)
Le Mec de la Tombe d’à côté de Katarina Mazetti est l’un des
ouvrages de ces dernières années qu’il a été difficile de manquer.
Rencontrant un succès fou, il était
sur tous les étals, a fait l’objet de nombreuses chroniques sur le net et animé
autant de discussions littéraires. Donc lorsque les collègues au travail m’ont
dit que le roman était disponible à la bibliothèque du boulot, je me suis dit
pourquoi pas. « Tu vas voir, il est
trop bien ! », « J’ai
adoré, tu vas te régaler », etc. Sauf que… je suis au
regret de vous dire que Le Mec de la Tombe d’à côté n’a pas été
une lecture à la hauteur de mes attentes. Face à l’engouement général pour
ce roman, j’avoue être restée assez
insensible et m’être demandée à plusieurs reprises au cours de sa lecture
quelles pouvaient être les raisons de ce succès.
Peut-être que le
succès de ce roman tient à son histoire, petite romance aux allures simples
mais aussi témoignage de la difficile conciliation de deux cultures très
différentes ?
Désirée est une jeune
femme en deuil. Suite à la perte de son mari, cette citadine pur jus, se
rend chaque jour sur sa tombe. Il faut dire aussi que sa vie n’est guère
palpitante. Engoncée dans son quotidien
bien organisé, la jeune femme n’est pas à la recherche de l’amour, puisqu’elle
l’a déjà perdu. Du moins, c’est ce qu’elle pensait jusqu’au jour où elle
réalise que l’homme qui rend visite à la tombe d’à côté suscite chez elle
d’étranges sentiments. Mais non ! Pas de panique, ce ne sont que ses
hormones qui la travaillent et son horloge biologique. Forcément que tout ça la
perturbe. D’autant plus, qu’à bien y regarder de plus près, il n’est pas du
tout désagréable à observer même si, elle ne saurait s’en expliquer les
raisons, jusqu’ici, il l’agaçait profondément. Et que dire de Benny, ce fameux voisin ? Ce paysan,
dont le rythme dépend de sa ferme, se trouve particulièrement agacé par cette
dame aux airs si froids. Pourquoi ne décore-t-elle pas la tombe sur
laquelle elle vient se recueillir ? En comparaison, celle de la mère de
Benny prend des allures de forêt ! N’aimait-elle pas assez cette personne pour
se contenter d’une tombe des plus épurées ? Pourtant, Benny va se
surprendre à pouvoir peut-être apporter un peu de chaleur dans la vie de
Désirée.
Du jour au lendemain,
c’est le coup de foudre. Il aura d’un suffit d’un regard et d’un sourire
capable d’éclipser le plus éblouissants des soleils pour rapprocher nos deux
tourtereaux. C’est là le début d’une histoire
d’amour entre deux personnes que tout oppose. Benny est un paysan, dont la
ferme lui a été transmise par sa mère. Habitué à vivre quasiment reclus et aux
travaux manuels, il espère malgré tout trouver l’âme sœur qui saura l’aider à
gérer sa ferme. Désirée, elle, est le contraire absolu. Coquette et délicate,
la jeune femme trouve son épanouissement dans une vie propre et bien rangée, au
milieu d’ouvrages tous plus intellectuels les uns que les autres. À travers la
relation de Benny et Désirée, c’est donc deux pans d’une même société que
Katarina Mazetti met en exergue afin de mieux souligner leurs différences. Pour
autant, est-ce que ces différences sous-entendent qu’il s’agit là de deux
éléments inconciliables ? L’histoire de Désirée et Benny est-elle
condamnée avant même d’avoir commencé ?
Étonnement, je n’ai
pas réussi du tout à m’attacher aux personnages, le seul ayant quelque peu
réussi à m’attendrir étant Benny, et encore, n’exagérons rien non plus. Désirée est un personnage aussi fade que
froid, fidèle à l’image qu’elle renvoie. Benny, lui, est plus rustique, plus
brut de décoffrage mais beaucoup plus chaleureux et je dirais même vivant.
À travers lui, c’est toute la problématique
de la campagne que l’auteur fait ressurgir : les difficultés financières,
les aléas de l’agriculture et de l’élevage, le besoin de main d’œuvre, la
solitude et l’isolement au milieu de nulle part... À travers elle, c’est toute
la problématique de la vie en ville
que l’auteur fait ressurgir : la pollution, le stress lié à l’activité
d’une ville, la solitude et l’isolement au milieu de la multitude… Benny et Désirée se retrouvent alors unis
dans leur solitude et vont trouver l’un dans l’autre ce qu’il manque à chacun. Désirée
devient alors moins antipathique, se révèle dans toute sa féminité et prend
vie. Benny, quant à lui, montre tout son potentiel intellectuel, tout son
humour bien qu’étant un être tout en simplicité. Finalement, peut-être que leur histoire a une chance ? Encore leur
faut-il dépasser tous leurs préjugés ! Et là, ce n’est pas chose aisée
que de rompre avec des années et des années de stéréotypes sur la vie de l’un
et de l’autre ! La ville, c’est pollué, c’est étouffant et les gens qui y
vivent sont superficiels. Ils ont perdu le goût des choses simples de la vie.
Oui, mais la campagne, ça pue, c’est paumé, on y vit reclus. Avec ça, vous vous doutez bien que ce ne
sera pas simple pour nos deux tourtereaux.
Tous les ingrédients pour faire une bonne histoire étaient
bien présents. Sauf que l’alchimie n’a
pas pris pour moi. Très rapidement, j’ai trouvé que la fin était courue
d’avance et sous cette pseudo dénonciation des préjugés, j’ai trouvé le tout
bien superficiel. Je sais, je me montre assez dure mais comparé à tout ce qui
avait pu être dit de ce roman, je m’attendais vraiment à quelque chose de plus
profond et à des personnages beaucoup plus attachants. Certes, il donne à réfléchir
dans une certaine mesure et les personnages ne laissent pas totalement
insensible. Mais je m’attendais tellement à plus !
Alors peut-être que
le succès de ce roman tient à la plume de Katarina Mazetti, simple, légère et
fluide ? Le roman est relativement court (environ 250 pages) et
l’histoire ne comporte que très peu de temps morts, ce qui permet un récit
dynamique dont on voit très vite la fin. Heureusement, car si Le Mec de la
Tombe d’à côté se lit très facilement, une certaine lassitude a fini par
s’installer dans les cinquante dernières pages tant je voulais en finir avec. J’ai
donc été soulagée que le récit ne se prolonge pas davantage.
L’essentiel est que
le roman a su trouver son lectorat et le conquérir. Malheureusement pour ma
part ce n’est pas le cas et ce fut donc une petite déception. Une lecture pas spécialement
désagréable mais absolument pas inoubliable pour autant.
Extrait
« - Je sais jouer
Coupons, coupons l’avoie à l’harmonica maintenant, dis-je.
- Tu n’as qu’à l’apporter,
tu m’apprendras !
- On peut jouer de l’harmonica
dans les cimetières ?
- Tu crois qu’ils sont
en mesure de s’en plaindre ? »

Une lecture que je n'avais pas spécialement beaucoup apprécié... Et, c'était surtout pire avec la suite !
RépondreSupprimerAh toi aussi, ça me rassure quand même un peu ! Et tu viens de m'apprendre qu'il y a une suite O.O je ne me lancerai pas dedans vu mes impressions sur ce 1er tome ^^'
SupprimerTu fais bien ^^ La lecture du deuxième tome a été... très laborieuse.
SupprimerTu n'es pas la seule, je n'ai pas apprécié ce livre. Je l'ai lu il y a un moment mais je me rappelle ne pas avoir apprécié les personnages, surtout Désirée dont je n'ai pas compris sa conception du mariage et son caractère trop froid. Et j'ai trouvé la fin ratée qui ne m'aura pas donné envie de lire ma suite.
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