Auteur :
George Orwell
Titre VO : Animal Farm
Traduction : Jean Quéval
Genre :
classique, fable
Éditions : Folio
Publication : 4 janvier 1984
Pages :
150 pages
Prix :
6,40€
Résumé
Un certain 21 juin eut lieu
en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime.
Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
"Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur
quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de
vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool.
Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux."
Le temps passe. La pluie
efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à
déchiffrer :
"Tous les animaux sont égaux, mais (il semble
que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres."
Avis de Marie
Vous l’avez certainement
déjà compris en nous suivant régulièrement, sur Drunkenness Books, nous aimons toutes sortes de lectures mais nous
adorons surtout vous parler des classiques !
En voici un de la littérature anglaise :
La Ferme des Animaux de ce grand
auteur qu’est George Orwell.
J’avais déjà eu l’occasion
de lire une œuvre emblématique de l’auteur, 1984,
et je souhaitais découvrir celle-ci depuis bien longtemps. Certes, c’est un roman plutôt court mais il est d’une
densité et d’une richesse incroyables !
Sous la forme d’une fable,
George Orwell nous livre une critique acerbe du
régime communiste soviétique et plus précisément du stalinisme.
Pessimiste quant à la nature humaine, l’auteur prend bel et bien partie et
assume clairement sa position. Or, dans un contexte de guerre (ce roman a été
publié pour la première fois en août 1945), nul doute qu’il a dû faire beaucoup
de bruit. Juste un bref rappel : l’URSS était alors alliée de l’Angleterre
pendant la Seconde Guerre Mondiale. Par conséquent, une critique aussi
violente du régime en place n’était peut-être pas la meilleure des idées pour assurer
les intérêts de l’Angleterre, ce qui explique pourquoi le
roman a été censuré… Il est donc impossible de comprendre tout ce qui se
cache derrière chaque mot de l’auteur sans connaître a minima le contexte.
Les animaux de
la ferme de M. Jones décident un jour de se révolter contre leur maître. Fatigués d’être exploités par un humain pour une
maigre pitance, et sous l’impulsion des cochons, ils chassent de la ferme M.
Jones et sa famille. Désormais maîtres des lieux, les cochons s’imposent très rapidement en tant
que leaders avec Boule de Neige et Napoléon à leur tête. Le coup d’État est un succès, désormais la ferme s’appellera La Ferme des Animaux. Un
nouveau système politique est mis en place, régi par la doctrine de l’animalisme et ses sept
commandements. Toutefois, si les animaux pensaient dans un premier
temps avoir instauré un système meilleur que le précédent, certains vont
rapidement avoir des doutes, le nouveau ne semblant pas profiter de façon égale
à tous. D’autant plus qu’il semblerait que ses principes ne cessent d’évoluer
par petite touche en fonction de la volonté des dirigeants. Une dictature
ne serait-elle pas en train de se mettre en place par de subtils
changements ?
La symbolique
tient une place importante dans cette fable. Derrière
chaque mot, chaque phrase de l’auteur se cache en réalité une critique
virulente du système communiste de l’URSS. Les cochons sont les meneurs
de la révolution. Or, ne serait-ce que ce départ pousse à s’interroger sur la
symbolique de ces animaux et donc sur la suite des événements. Bien entendu, tout était trop
beau pour rester parfait. Le système idyllique des premiers jours va rapidement
connaître des dérives importantes. Si au départ il se voulait juste et égalitaire, l’auteur montre
comment la
corruption et la cupidité des dirigeants suffisent
à faire basculer un système entier. Mais si les
animaux ont déjà su se révolter contre l’injustice auparavant, pourquoi
ne pas recommencer ? Parce qu’eux-mêmes participent à la mise en place de
cette dictature et deviennent de ce fait leurs
propres bourreaux. La force de la multitude est indéniable. M. Jones en
est la preuve : il n’a pas pu résister au soulèvement général de sa ferme.
Pour autant, l’auteur nous met en garde contre les
prédicateurs et l’effet de masse. Les animaux vont ainsi se retrouver
dans un système pire que le précédent où ils seront exploités jusqu’à leur
dernier souffle et où aucune opposition ne sera tolérée. D’ailleurs, très peu
d’entre eux oseront émettre leur désaccord. Pour ces quelques courageux, les
représailles seront terribles. Accusés de trahison, certains n’auront d’autre
solution que de prendre la fuite. Et si certains gardent malgré tout quelques
doutes, ceux-ci seront balayés par les bonnes paroles des dirigeants.
Conditionnement, isolement, manipulation mais également violence et fausses
accusions… Les cochons ne reculeront devant rien pour assurer leur domination.
L’instauration
d’un culte de la personnalité tout comme
la réécriture de l’histoire y contribuent
largement. De même, la liberté d’expression est
progressivement étouffée et tout cela se fait avec le consentement de l’ensemble
des habitants de la ferme car « c’est pour leur bien ».
Impossible de ne pas
rapprocher cette fable de certains régimes ayant existé ou existant encore à
l’heure actuelle. L’hypocrisie des dirigeants ne fait aucun
doute dans n’importe quel système. M. Jones n’était pas quelqu’un
d’irréprochable et se montrait même particulièrement égoïste. Mais l’auteur
incite ses lecteurs à s’interroger : parmi tous ces systèmes hypocrites et corrompus, dans
lequel préfèrent-ils vivre ? Si le nouveau gouvernement de La
Ferme des Animaux promettait de meilleurs conditions de vie et identiques pour
tous, très rapidement, il est devenu surtout l’apanage de ses dirigeants,
transformant de ce fait le système en un régime du plus fort où seule une élite
bénéficie des privilèges.
Dans La Ferme des Animaux, George Orwell dénonce avec force les dérives
d’un système communiste qui se voulait juste et égalitaire pour tous. Les dirigeants
sont pointés du doigt mais l’auteur met surtout en avant le rôle qu’ont joué
les autres animaux. Dans leur soif de justice et de bien-être, ceux-ci sont
restés aveugles à ce qu’il se passait et ont permis l’instauration de cette
dictature. En fermant les yeux et en se
laissant embrigadés, ils ont donné une légitimité et une force indéniable aux
dirigeants qui ont pu alors agir en toute impunité.
George Orwell nous montre ainsi comment la masse peut
renverser les dirigeants au pouvoir mais également comment la situation
peut se retourner et comment quelques individus parviennent à prendre le contrôle
d’une multitude. La Ferme des Animaux
est un roman incontournable de la littérature qu’il faut avoir lu au moins une
fois !
Extraits
« L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne
pas de lait, il ne pond pas d’œufs, il est trop débile pour pousser la charrue,
bien trop lent pour attraper un lapin. Pourtant le voici le suzerain de tous
les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en
retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui le surplus. »
« Vers ce temps-là, les cochons emménagèrent dans la maison d’habitation
dont ils firent leurs quartiers. Une fois encore, les animaux crurent se
ressouvenir qu’une résolution contre ces pratiques avait été votée, dans les
premiers jours mais une fois encore Brille-Babil parvint à les convaincre qu’il
n’en était rien. »
Note
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| Un classique incontournable ! |


C'est bien que vous présentiez ces classiques sur votre blog, ça m'intéresse beaucoup ^^ j'ai moi aussi lu 1984 et du coup celui-ci me tente beaucoup, j'espère ne pas être déçue !
RépondreSupprimerMerci !
SupprimerOn apprécie vraiment beaucoup les classiques et on aime faire partager ça. Ça nous fait plaisir que ça t'intéresse :)
1984 était vraiment pas mal, spécial mais bien. J'ai trouvé que La Ferme des Animaux était très différent et moins lourd (l'épaisseur n'est pas la même non plus). J'espère qu'il te plaira !