Auteur :
Glen Cook
Traduction :
Frank Reichert
Genre : dark
fantasy
Éditions : L'Atalante
Collection :
La Dentelle du Cygne
Publication :
22 février 2008
Pages : 608
pages
Prix : 25€
Achat : Amazon
– La Tyrannie de la Nuit
Résumé
Une Terre qui pourrait n'être pas la nôtre mais celle d'un
univers parallèle, dans un Moyen Âge où se télescopent quatre siècles. Un
patriarche légitime à Viscesment et un usurpateur à Brothe, un empereur du
Graal qui rappelle beaucoup celui du Saint Empire romain germanique, des
croisés qui cherchent à récupérer des « Terres
saintes », une hérésie maysaléenne et des Parfaits... La guerre entre
l'Orient et l'Occident...
Dans ce monde agité de convulsions sismiques, où chaque
souverain magouille de son côté pour acquérir la suprématie, où les espions
pullulent et où royaumes, empires, provinces et principautés ne cessent de
guerroyer, Else Tage, sha-lug et espion de Gordimerle Lion, est chargé par son
suzerain et maître d'infiltrer les plus hautes instances de la Rome médiévale
de cet univers-là : Brothe. Intelligent, courageux et fondamentalement humain,
il y réussirait presque avec les moyens du bord si la sorcellerie ne s'en
mêlait pas. Car le pouvoir magique qui jaillit des puits d'Ihrian, dans les
Terres saintes, et empêchait jusque-là les glaces polaires de recouvrir le
monde, vient à se tarir...
Avis de Marie
Voilà une chronique difficile à faire… Ce premier tome des Instrumentalités de la Nuit est
tellement riche et complexe que je
ne sais par quoi commencer. D’autant plus qu’au final, je ne sais pas trop quoi
en penser non plus ! Mais bon, je vais essayer de vous donner un avis le
plus construit possible.
J’ai découvert l’auteur, Glen Cook, il y a plusieurs années
avec son cycle de La Compagnie Noire
et j’avais vraiment adoré. Les 13 tomes avaient été lus en moins de 15 jours
tant je n’arrivais pas à en sortir.
Quand le premier tome des Instrumentalités
de la Nuit est sorti, deux sentiments se partageaient en moi : d’un
côté, j’avais hâte de découvrir ce nouvel univers et de l’autre, j’étais déçue
que l’auteur n’ait pas continué les aventures de ses mercenaires dont j’avais
adoré suivre l’évolution. Finalement, voyant que c’était la déception qui
l’emportait et afin de ne pas « parasiter »
la lecture de ce nouveau cycle, j’ai préféré retardé sa lecture. Dernièrement, j’ai finalement décidé de me lancer dans
l’aventure et… il m’a fallu m’y reprendre à deux fois !
Dans La Tyrannie de la
Nuit, Glen Cook nous emmène dans un monde
similaire au nôtre à une époque qui n’est pas sans rappeler celle du Saint
Empire romain germanique et où la magie est très présente. Else Tage est un espion chargé par son
suzerain d’infiltrer les plus hautes sphères du pouvoir ennemi afin d’empêcher
une prochaine croisade contre son royaume. La mission pourrait être presque
simple à réaliser pour cet espion talentueux si un autre ennemi n’avait fait
son apparition. Il faut dire aussi que
les Instrumentalités de la Nuit, ces créatures de l’ombre tout droit sorties de
l’Ancien Monde ne voient guère d’un bon œil les nouvelles religions qui ne
cessent de gagner des partisans jour après jour. Alors, lorsque des guerriers tout
droit sortis des légendes du passé et semblant possédés par les dieux en
personne sèment la terreur sur les terres du Patriarche, beaucoup se préparent
à la fin du monde.
La Tyrannie de la Nuit
est un roman de dark fantasy, un
genre que j’affectionne particulièrement, à
ne pas mettre dans n’importe quelles mains. En effet, si vous recherchez une lecture simple et sans prise de tête, passez
votre chemin, ce premier tome des Instrumentalités
de la Nuit se révèle particulièrement complexe ! Certes, l’auteur met
en place un univers vraiment très riche mais qu’est-ce que cette mise en place
est longue !! L’histoire est longue
à démarrer et il faut vraiment s’accrocher, tant pour comprendre l’univers
que pour adhérer à l’histoire. D’ailleurs, la première fois, j’ai abandonné car
j’ai commis l’erreur d’arrêter ma lecture pendant quelques jours. Lors de la
reprise, j’étais complètement perdue et il m’a fallu recommencer du début.
Toutefois, une fois passée la première
moitié, le scénario prend un rythme plus soutenu et nous rentrons un peu plus
dans le vif du sujet (oui, n’abusons pas non plus, tout est vraiment fait
progressivement… très progressivement !). Si au début, cet aspect m’a
beaucoup déplu, plus j’avançais, plus je me rendais compte que cette mise en place de l’univers était
absolument nécessaire (eh oui...). Sinon, comment comprendre tous les
tenants et aboutissants des conflits opposants les différents
protagonistes ?
Chaque chapitre se focalise sur des personnalités
importantes de chacun des royaumes et il nous faut faire les liens entre chacun
d’entre eux. L’attention du lecteur est donc sans cesse sollicitée. La politique et la religion sont au cœur
même des principaux conflits. Si les nouvelles religions ne cessent de
s’affronter entre elles, elles n’en ont pas moins un ennemi commun : les Instrumentalités de la Nuit, vénérées par
les anciens cultes. Les guerres de religion constituent ainsi l’essentiel du
sujet du livre mais pas seulement puisqu’il y est également question de magie
et de quête de pouvoir. Les puits d’Ihrian
constituent en effet une source de pouvoir importante et sont
particulièrement convoités par les puissants de ce monde. Or, ils sont, pour la
plupart, situés dans les Terres Saintes, que tous cherchent à s’approprier. La disparition des anciennes religions
n’est bien entendu pas sans conséquences sur ces sources magiques…
Encore une fois dans
un roman de Glen Cook, nous sommes confrontés aux pires facettes de l’humanité.
La noirceur des hommes ne connaît aucune limite et l’humanité est condamnée à
s’entredéchirer. Et ce ne sont pas les quelques hommes bons et intègres qui
permettront de la sauver. J’aime cette noirceur qui se dégage des romans de
Glen Cook et qui était très présente dans La
Compagnie Noire. Mais ici, l’auteur
a choisi un héros courageux, intelligent et humain. Soucieux de ses
intérêts, il n’en demeure pas moins fidèle à sa patrie, à sa famille et à ses
principes. Or, dans un monde corrompu,
les hommes intègres n’ont guère leur place. Ce contraste aurait pu être intéressant et mettre en évidence le rôle
crucial d’Else mais au contraire,
personnellement, c’est ce qui m’a le
plus agacée. Else apparaît beaucoup trop parfait, trop lisse et prévisible. Du coup, il n’en paraissait que plus fade… Les Andorayens étaient vraiment
plus intéressants et drôles !
La Tyrannie de la Nuit, malgré des lourdeurs et une histoire longue
à démarrer, n’en demeure pas moins un roman riche et complexe à souhait comme
je les aime. Malheureusement, je ne pouvais pas m’empêcher de revenir sans
cesse à La Compagnie Noire que j’ai
nettement préférée. Pour autant, je suis contente d’avoir donné à ce premier
tome des Instrumentalités de la Nuit
sa chance car cela reste de la très bonne fantasy.
Extraits
« Les créatures
de la Nuit ne sont pas plus malfaisantes que les lions ou les hyènes. Elles ne
font que ce pour quoi Dieu les a créées, tout comme les chiens, les mouches et
les arcs-en-ciel. Elles peuvent certes être dangereuses, et même mortelles,
mais c’est vrai de presque tout l’ordre naturel des choses. La Tyrannie de la
Nuit fait partie du monde des vivants. »
« Les dieux des
Andorayens étaient l’exact reflet de la population nordique. Autant dire qu’ils
étaient brutaux, ivrognes, pas bien malins, ivrognes, violents, ivrognes et
étroits d’esprit. Et souvent bourrés. »
Note
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| 3,5/5 Une lecture riche et complexe |


Il a l'air vraiment bien ce roman :)
RépondreSupprimerIl l'est ! Même si j'ai préféré l'autre série de l'auteur, je vais continuer la saga.
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